Le Salon De musique - Paris

Atelier de flûtes traversières Piccolos en ut altos basses

CONCOURS DE FLÛTE DU CNSM 2018

CONCOURS DE FLÛTE DU CNSM 2018 :

LANCEMENT RÉUSSI POUR LES NOUVELLES ETOILES !

Par Claude Abraham

Médiathèque Hector Berlioz du CNSMD

 

On ne dira jamais assez à quel point notre école nationale de flûte pourvoit le monde de la musique de nouvelles pépites.

Ce mercredi 6 juin 2018 ont eu lieu l’examen final du DNSPM et le récital de 2ème année de 2ème cycle de flûte traversière.

Une journée en immersion dans un répertoire éclectique brillamment servi par ce qu’il convient d’appeler des étoiles
montantes ! Gros plan.

 

 

Au fil de mon parcours flûtistique et de mes contacts avec tout ce qui touche à la traversière (autant l’instrument que l’association !) j’ai eu la grande chance de rencontrer les élèves de la classe de Philippe Bernold. Cela m’a fortement incité à assister à cette journée de concours. Je n’avais jamais eu cette curiosité auparavant et la journée m’a prouvé que c’était un tort, tant le niveau y est élevé, le programme exceptionnel (près de 8 heures de musique non-stop) et l’entrée libre et gratuite !

 

Dans la très confortable et accueillante salle Fleuret, dédiée aux spectacles du CNSM, les élèves sont dans les meilleures conditions pour donner un aperçu optimal de tout leur potentiel sous l’égide de leurs professeurs Philippe Bernold et Sophie Cherrier.

Aussi la qualité ne pouvait qu’être au rendez-vous. Je n’ai pu hélas assister qu’à la deuxième moitié du programme (14- 18h) ce qui m’a néanmoins permis de découvrir des talents remarquables venus de tous horizons : France (la pétillante Joséphine Olech qui semblait se délecter de sa flûte par une technique d’embouchure proche de la gourmandise !), Venezuela (Javier Rodriguez Centeno), Italie (Samuel Casale) et ce que je considère comme le nouveau continent de la flûte : la Corée avec Yubeen Kim, digne représentant de cette grande école en devenir, au jeu puissant, sûr et affirmé.

 

Quatre heures de musique exceptionnelle avec l’infatigable pianiste Fuminori Tanada de tous les accompagnements, dont il faut absolument saluer ici l’immense savoir faire et l’abnégation : présence permanente tout au long de ces 8 heures, pas moins de 11 œuvres défendues (dont une au clavecin…) et pas des moindres : Debussy, Jolivet, Bach, François Borne, Messiaen, Schubert, Reinecke, Prokofiev, un répertoire à donner le tournis ! Le tout sans la moindre défaillance dans la discrétion et l’humilité au service de jeunes artistes en herbe : chapeau Fumi ! Egalement en accompagnement, entre autres nombreux talents, la claveciniste Nora Dargazanli (à deux reprises), un incroyable quatuor de percussions pour la suite en concert de Jolivet, un superbe orchestre de quelques 29 membres sous la direction de Mikhaïl Suhaka, tous issus du CNSM, pour une interprétation jouissive du concerto de Jacques Ibert par Javier Rodriguez Centeno, ont fait de cette journée un vrai festival.

 

Tout pour la musique mais aussi place au spectacle et à la mise en scène avec la malicieuse interprétation du Zungenspitzentanz de K.H. Stockhausen par le virevoltant Samuel Casale entouré pour l’occasion de deux euphoniums et un jeu de percussions. Le tout dans la pénombre d’une discrète poursuite, la flûte était là en 3 dimensions, comme héroïne d’un véritable spectacle. Mais la vraie dimension de notre instrument tenait dans le jeu remarquable de ces tout jeunes candidats : un savoir faire digne d’un Taffanel(1) ou d’un Rampal. Le jury, présidé par Catherine Brière, ne s’y est pas trompé, décernant les plus hautes récompenses aux 4 candidats dont j’ai eu la chance d’apprécier la prestation et me faisant regretter de n’avoir pas pu me libérer le matin, une mention très bien à l’unanimité avec les félicitations du jury ayant été attribuée à Joséphine Poncelin de Raucourt. Promis, l’an  prochain je ne ferai pas la même erreur !

 

Que dire de plus de cette journée mémorable si ce n’est que tout grand amateur de flûte se doit d’y assister ?
Peut-être peut-on souhaiter que les enregistrements audio et vidéo, à juste titre interdits pour le public, soient rendus obligatoires à la régie de la salle ne serait-ce que pour alimenter un fond documentaire qui serait aujourd’hui d’une valeur inestimable. J’espère m’en entretenir avec Monsieur Thierry Vaillant, directeur du département des disciplines instrumentales classique et contemporaine au CNSM, ce pourrait être l’objet d’un débat qui tient à cœur aux élèves, professeurs et spectateurs de ces brillantes étoiles… ! Alors un grand coup de chapeau à tous car, comme le dit Philippe Bernold, « on peut être tranquille la relève est assurée ! »

 

© Cécile TOURNOUX

Article proposé par Claude Abraham

Claude Abraham, travailleur artistique de longue date : technicien de l’audiovisuel et du spectacle, acteur de complément, rédacteur pour traversières magazine et depuis quelques années flûtiste dans plusieurs formations orchestrales (musique de chambre, harmonies et ensembles de flûtes, membre de l’OFF de 2012 à 2016)

 

(1) On l’imagine aisément : voir le livre d’Edward Blakeman
« Taffanel génie de la flûte » aux éditions DORGEUIL, collection
Euterpe-La Traversière